Monday, January 23, 2006

Le Comice: un monument!

Le quatrième week-end de septembre depuis plus de 150 ans Brûlon rime avec Comice. Grands et Petits, Elus et Citoyens, Agriculteurs et Villageois comicent pendant 2 jours. Comicer veut dire visiter, s'amuser, danser, recevoir, manéger, tirer à la carabine, dépenser, pétarader, musiquer, communiquer, et tout et tout.
Pour moi, jeune enfant brûlonnais j'ai connu le comice très tôt. Je devais avoir trois ou quatre ans. Bien évidemment, mon premier foyer d'intérêt fut les manèges. Je ne me rappelle pas du manège enfantin mais celui qui très tôt m'a énormément intéressé fut l'escargot. C'était, en quelque sorte, l'ancêtre de la chenille. Il était tenu par Madame Hyvon qui, aujourd'hui encore, accompagne sa fille à chaque comice. Dès le lundi précédent l'événement, nous guettions l'arrivée des caravanes. L' annonce de leur présence faisait le tour du centre-bourg à la vitesse grand V et tous les gamins transitaient vers la place de la Mairie. A cette époque le monument aux morts et ses quatre obus était indéplaçable et il fallait installer les manèges autour. L'installation de l'escargot nous occupait tout le jeudi de congé. Le beau-frère Barrier installait parallélement ses bateaux réservés aux plus grands, le nain Cui-Cui construisait avec l'aide de sa Mère naine et de son Père pas bien plus grand sa cabane de tir à la carabine et la famille Merchier, père, mère, fille et gendre montaient les autos skooters. Certains littéraires appellent ça des autos tamponneuses. A cette époque nous parlions déjà le franglais de Brûlon. Pendant 2 jours les porte-monnaie parentaux s'ouvraient grand afin de profiter au maximum de l'escargot magique de passage. En fin d'après-midi, le dimanche, l'annonce du dernier tour de la journée, du comice et de l'année me rendait d'une tristesse extrême qui se transformait bien souvent en pleurnichage. J'étais, paraît-il, très doué pour ça et je me rappelle très bien que, pour moi, banner était une arme incontournable pour obtenir ce que je voulais.
Plus tard je suis devenu un inconditionnel des autos skooters. Je jalousais, comme tous mes copains, le gars Jeannot Duval. Il était parisien, on ne le voyait qu'au comice et pendant deux jours il tournait sans arrêt. Il avait un filon, le parisien: son grand-père Pourriau habitant sur la place fournissait l'électricité aux caravanes et de plus il était adjoint au Maire. Alors le Jeannot il avait un passe permanent. Moi je n'étais pas parisien, j'habitais à 500 m du manège et mon père n'était que conseiller municipal. Il me fallait passer par la caisse départ en amenuisant ma maigre caisse d'épargne. Un lundi soir, pour la soirée des commerçants et des élus, la Lucienne Paris, la droguiste de la rue Charles Bareau amie de mes parents m'avait donné 5 francs, même pas un euro. Je m'étais précipité place de la Mairie. La patronne du manège m'avait remis en échange 20 jetons: je me suis toujours demandé si la caissière ne s'était pas trompée ou si alors elle m'avait reconnu comme un bon client. J avais pu ainsi tourner la soirée entière. Dommage le gars Duval il était reparti à Paris.
Un dimanche soir, alcool aidant, un platrier local avait réussi, avec l'aide de ses frères, à grimper sa 4 CV Renault sur la piste désertée immédiatement par les apprentis conducteurs. Malgré les injonctions de la patronne il avait continué à tourner sans honte ni tamponnage. Je ne sais pas trop comment ça s'est terminé, peut-être au poste de gendarmerie rue du Pavé.
Si le comice était fertile au commerce, aux loisirs et à la dépense il était source d'anecdotes et je pourrais en raconter nombreuses autres. Je les garde pour plus tard...

Saturday, January 21, 2006

Les 14 juillet des années 60

La fête nationale était traditionnelle et marquait le début des grandes vacances. Depuis un mois environ ma mère avait changé ma garde-pantalon et les culottes longues étaient rentrées sagement dans un placard accompagné d'une boule de naphtaline, ce pour 4 mois. Enfin les shorts étaient ressortis, naphtalinés eux aussi après un séjour record de 8 mois dans le même placard: c'était synonyme de vacances.
Le grand rendez-vous festif et attendu du 14 juillet était fixé place de la Mairie, face au bar Guittet, actuel bar de Sports. Après une marche claironnée de la musique municipale un premier jeu était organisé par le Directeur de l'Ecole publique sous la tutelle bienveillante et financière du Maire accompagné de courageux conseillers dont faisait partie mon père et le père Lulé. Le Père Lulé était l'ami de mes parents. C'était le seul que je connaissais à avoir fait la guerre de 14-18. Il en était revenu, non poilu à mon grand étonnement et avec un oeil à moitié fermé (ou à moitié ouvert comme vous préférez). J'avais bien tenté d'évoquer Verdun et les tranchées avec lui mais à chaque fois, à mon grand désarroi, il n'avait pas voulu aborder ces tristes souvenirs. Il n'avait sans doute pas envie d'en parler? Seul son clin d'oeil continuel évoquait ce triste souvenir guerrier. Sa femme Emilienne était ma grande fournisseuse en chocolat. Si aujourd'hui je ne peux plus en manger, c'est , sans doute, en partie grâce à elle!
Elle était aussi la fournisseuse en cidre de tous les garçons le dernier jour d'école à la Fosse, cidre dont elle abreuvait aussi le mécanicien du train qui chaque semaine, arrêtait son train devant la ferme pour raison de problème technique imaginaire et d'une soif soudaine réelle.
Revenons au 14 juillet. La course en sac permettait aux plus sportifs d'empocher leurs premiers francs ou centimes de l'après-midi. Le deuxième jeu avait lieu rue du Cimetière face au café Naveau. Les jeux étaient organisés là où il y avait un bistrot. La boisson consommée à chaque étape, par les adultes, était le muscadet. Le troisième jeu était une course en relais tristounette mais enjouée puis suivait place de l'Eglise un course aux oeufs, place de la Mairie une course hilarante, seulement pour le public, promenait une grenouille dans une brouette puis place de la Motte, face au café Chapelet, une course de vitesse éreintait les participants enfin place des Anciennes Halles face au café Joly ou face au restaurant du Grand Cerf le traditionnel casse-pots concluait la follle journée. Les yeux bandés et armé d'une "gaule"à pommiers, il s'agissait de casser un pot de fleurs dans lequel se trouvait un lapin estourbi ou un pigeon volant qui, les trois-quarts du temps, prenait le chemin des airs et devenait un grand voyageur..... Pour les organisateurs, les musiciens du grand chef Dubert (2.05m) et les suiveurs, la journée était fatigante et enivrante. Comptez vous-mêmes, 7 jeux, 8 muscadets ou plus, bonjour les dégats.... Mais c'était jour de fête nationale, jour d'amnistie présidentielle et d'amnistie familiale. Les papas étaient gais, les mamans patientent et les quéniaux avaient passé une journée mémorable. Quoi demander de mieux?

Wednesday, January 18, 2006

Mes années 60 à Brûlon

La bande était constituée de 5 ou 6 "citadins" du bourg: le gars Tessier, le fils du coiffeur, les gars Mary de la scierie et le gars Chapelet l'autre coiffeur. Entre les 2 salons il y avait peu de différence sauf que chez Gaston (Chapelet) ça faisait bar en même temps et qu'automatiquement la coupe durait plus longtemps cause service..
Nos loisirs étaient rythmés et encadrés par peu d'activités en fait. Pendant les jours d'école c'étaient les canettes, le jeudi et toutes les vacances c'était la carrière de chez la Mère Chanteau ou le parc de l'Enclos, le dimanche l'orchestre matin et après-midi.
La carrière c'était notre domaine un domaine interdit, naturel et privé. Personne d'autres que la bande à Chapelet , même pas les propriétaires n'avaient le droit d'accès. Nous étions armés, de lance-pierres et s'aventurer dans notre repaire pouvait s'avérer périlleux. Un poste de surveillance , secret bien évidemment, avait même été installé au sommet de la falaise. Outre les missions de surveillance qui nous étaient confiées par le chef Alain, j'étais son adjoint, l'escalade du mur occupait dangereusement nos journées. Une autre activité nous détournait de notre propriété, c'était la pêche dans le bassin du Chateau de l'Enclos. Il fallait d'abord s'assurer que la voie était libre; que ni Eugène Coutard le gardien, ni les propriétaires n'étaient présents, il fallait ensuite attendre la nuit et après avoir enfilé son déguisement et son masque et attrapé sa cane à pêche on pouvait tranquillement goûter au plaisir des riches proptiétaires de chateau et taquiner le carpeau affamé.
L'orchestre! il était composé de 2 musiciens seulement: un accordéoniste, moi-même et un batteur- tambour le Jean-Pierre Tessier. Les répétitions avaient toutes lieu dans une soue du Domaine. La qualité des prestations n'encourageait pas l'écoute et pouvait être source de désagrément pour le voisinage. Le dimanche matin on jouait encore moins fort parce que nous étions en situation très irrégulière surtout le Jean-Pierre qui affirmait à ses parents qu'il était à la messe. Pas bien du tout le Jean-Pierre, surtout pour un fils de commerçant!
Ma mère m'avait pratiquemment obligé à choisir l'accordéon. C'était sans doute l'instrument qu'elle préférait et elle rêvait de faite de moi un futur Verchuren. Elle m'avait inscrit au cours Boussard à Sablé et mon inscription s'était effectuée sous condition: il fallait que je sois capable en 2 semaines de jouer un morceau au mariage de la Claudette. Grace à la patience de ma prof, grâce au sparadra collé sur les boutons adéquats mais, surtout pas, grâce à mes dons pour l'instument j'avais, au dessert, brillament interprété "Qué séré séra", un tube incontournable de l'époque. J' étais bon pour l'accordéon à mon grand regret.

Friday, January 13, 2006

Au collège, plutôt au CEG

Le CEG, Collège d'Enseignement Général se trouvait à Loué. Il était dirigé par Monsieur et Madame Fernand Loriot. Le patron était professeur de français. Pour lui le français semblait se limiter à l'orthographe puisqu'il avait institué en troisième la dictée journalière. L'exercice avait lieu tous les matins à partir de 8 h, les cours commençant à 9h. Ce n'était pas un moment des plus sympas mais pour entrer à l'Ecole Normale la note zéro en dictée était éliminatoire. Nous n'avions pas trop le choix. La Patronne faisait fonction d'intendante, de conseillère d'éducation dans le grand sens du terme. Par exemple tous les samedis midis, quand ils quittaient l'établissement, les 300 élèves passaient devant elle et s'exclamait d'un sonore aurevoir.
Notre prof de maths était le Père Legall et en histoire nous subissions la Fondain. Elle ne paraissait pas inaperçue Mademoiselle, elle fumait la pipe, elle roulait en 2CV décapotable et cette année là, mémorable, son chéri de chez Renault l'avait laissé un mercredi matin. Il l'en avait informé par courrier. La lecture publique avait été émouvante voire plus.
Elle devait être bien placée auprès des instances académiques. Pour preuves: l'année du BEPC, le brevet actuel, le sujet de la composition d'histoire, on appelle ça aujourd'hui des contrôles, avait été trois fois sur trois le même: les lois de 1830. Et bien à l'examen le sujet proposé traitait des lois de 1830. Les 27 élèves de troisième C avaient tous obtenu 18 sur 20 en histoire. Exceptionnel ou intrigant! Toujours est-il que nous avons tous eu notre BEPC. Surtout ne demandez pas aujourd'hui le contenu de ces lois, je sais simplement qu'elles avaient un caracatère social.
C'était en 3ème C. J'avais commencé ma carrière louésienne en 4ème B, niveau moyen devant me diriger vers une 3ème supprême A. Mes compétences brûlonnaises et incomplètes allaient me rédrogader brutalement vers une 3ème C. Je concluais mon séjour dans le canton voisin en 3ème T ce qui voulait dire terminale. Soit j'étais reçu au concours d'entrée à l'école normale et s'en était terminé du collège, soit je ratais le concours et s'en était fini des études.
Je fus reçu 40ème sur 50 et en septembre 1966 j'embrassais ma future carrière d'enseignant en signat un contrat de 15 ans me garantisaant des études gratuites.
C'était le début des petites touches féminines. Pour moi elles avaient nom Maud Fronteau ou Annie Charpentier. L'attirance se traduisait simplement par de furetifs regards au travers d'un couloir ou d'une traversée de classe puisque les cours de récréation n'étaient pas mixtes. Nous étions sévèrement surveillés par les élèves pions nommés Fronteau ou Maisonneuve. Pourtant ils ne montraient pas l'exemple mais ils étaient plus forts que nous et ils avaient le soutien intéressé du Patron et de la Patronne. Chaque soir je prenais le car qui me ramenait en 1h au domaine familial. Isabelle Grosbois nous conduisait à travers la campagne locale et la longueur interminable du circuit nous incitait à inventer toute sorte d'idiotie qui nous faisait passer le temps plus rapidement mais aussi, quelquefois, qui nous permettait de descendre du car avant tout le monde et de rentrer à pied. J'ai toujours été sauvé des représailles directoriales grâce à mon homonyme brûlonnais Claude Coudreuse qui a toujours pris, le pauvre, pour moi. Je m'en excuse aujourd'hui auprès de lui. Ce n'était pas de ma faute si Madame Loriot prenait le petit Daniel Coudreuse, à juste titre sans doute, comme un petit sain incapable, par exemple, de régler avant le départ le rétroviseur de la conductrice du car de façon à scruter ses jambes.

Monday, January 09, 2006

Robert, mon Maître

Après la petite école, la grande en 1955. J'étais loin de penser en y entrant, rue Claude Chappe, que je n'en ressortirais que 50 ans après en2005.
1955, c'était l'année du terrible accident aux 24 heures du Mans. Je m'en rappelle comme si j'y étais. Ma Mère et mon Père y assistaient le dimanche après midi. Moi j'étais resté "sagement" avec Nounou Mimime. Nous écoutions Radio Luxembourg, la radio où chaque mercredi nous suivions en famille avec une attention naturelle et silencieuse Quitte ou Double. Il était question par flash des 24 H mais pas de mes parents. Vers 18h ils n'étaient pas rentrés et nous avons appris l'accident. La Mercedès folle de Lévegh venait de causer la mort d'une soixantaine de spectateurs. Mes parents ne rentraient pas et plus le temps passait plus l'inquiétude grandissait surtout pour Joséphine. De drôles d'idées devaient trotter dans sa tête pourtant déjà bien remplie, notamment des Fables de la Fontaine: elle en savait par coeur une centaine, j'ai bien dit une centaine. J'aimais qu'elle me les récite, surtout la moralité....
Quand nous avons entendu l'aronde simca monter la cour du Domaine, nous avons soufflé et oublié un instant l'accident. Mon père nous a ensuite raconté la chance qu'il avait eu en quittant, quelques secondes avant l'explosion, l'endroit maudit. L'électricien brûlonnais Rimbaud, qui était avec lui, n'avait pas eu la même chance. Il fut scalpé et du être trépané. C'était le seul blessé brûlonnais.

C'était le Directeur Mayet qui accueillait les petits à la grande école. Il n'avait pas l'air bien chaleureux le dierlo, tout commme son épouse qui enseignait dans la classe des CE. Elle fumait dur la gauloise tout comme le jeune maître des CP un nommé Robert Leroy. Lui, avait l'air sportif, normal il était le leader du club local de foot, la Patriote. Il avait été travailleur volontaire pendant la guerre en Norvège, on disait même qu'il avait participé brillament à un Norvège-France, de foot bien évidemment. Il était donc international. Et bien c'est lui qui m'apprit à lire, à écrire, à compter et des tas d'autre chose. Il a gravi les échelons de niveau avec moi. Quand je suis passé en CE1 il est passé en CE1, de même pour le CE2 et ainsi de suite jusqu'en 5ème. J'ai bien dit en 5ème puisque un collège avait été créé à Brûlon en 1961. On appelait ça un God, Groupe d'Observation Dirigé. Le God ne sauva ni Queen, ni King mais avait pour principal Leroy. Je fus deuxième du God de Brûlon pendant 2 ans et fut dans les 4 derniers du CEG de Loué pendant 4 ans.... Monsieur Leroy était notre prof polyvalent de maths, physique, sport histoire.... et Madame Auger prof polie et valable de français, anglais, géographie.....
Si on compte bien, j'ai subi Robert Leroy 7 ans. A mon départ pour Loué je n'en voulais plus du Robert, lui non plus ne voulait plus de moi certainement. Pourtant, je ne savais pas qu'il m'avait tant marqué et instruit. Il m'avait appris du savoir mais aussi du savoir-faire et du savoir-être. Il a été mon instituteur, mon directeur, mon professeur, il a été mon maître, mon exemple, il est devenu mon ami et mon conseiller. Je lui dois beaucoup. Je ne l'oublierai jamais. Merci Robert.

Sunday, January 08, 2006

A l'école!

Déjà 3 ans et il faut rejoindre les bancs de l'école de Brûlon. Une seule solution, l'école libre au Prieuré chez Mesdemoiselles Marie et Louise qui ont en charge tous les garçons de maternelle brûlonnais ! Les grands sont rue Claude Chappe chez le Maire et la Mère Mayet, les grandes au Prieuré et les petites, rue de l'Hopitâl chez Mlle Naulet. Cette liberté particulière du choix de son école ne plaît pas à mon père qui obtient une dérogation municipale et scolaire pour m'inscrire avec les filles rue de l'Hôpital. Pas drôle du tout. Le gars Milet et ses parents profitent par la même occasion de cette dérogation. Résultat côté effectif: 28 filles et 2 minus. Pour la photo scolaire c'est épatant au niveau.... répartition. Les grandes de l'époque ont nom Loriot, Naveau, Renou et Renée Renault future femme Jacky Dubert. Pas de très bons souvenirs de toutes ses grandes nanas qui nous menaient à la baguette. Pas beaucoup non plus de souvenirs de ses premiers pas scolaires sauf un.
La maîtresse nous avait confié, pour la toute première fois, un porte-plumes et mis à notre disposition de l'encre violette, couleur officielle de toutes les écoles françaises, métropole et outre-mer confondus, ce qui donnait sans doute le violet pensais-je bien plus tard!
Le résultat fut inversement proportionnelle à mon application. Une catastrophe, une honte pour la Maîtresse, pas pour moi je venais de réaliser ma première oeuvre d'art, la dernière sans doute!
Elle m'envoya illico presto chez la directrice. Il était l'heure de la sortie et je fus prié d'attendre qu'elle revienne après avoir raccompagné son grand monde au coin de la rue Charles Bareau. Ce que j'exécutai sans aucun commentaire ni réchignement. Le problème c'est que 4 minutes après la sortie elle rejoignit directement son appartement au- dessus des classes.
A 13 heures j'étais toujours dans mon coin. Le moral avait bien changé. Le bourg était en ébullition. Le Maire était prévenu et affolé, le père parlait déjà de kidnapping, la mère était en sanglots et les gendarmes sur le coup..... Seule la Joséphine avait gardé les pieds sur terre, normal, elle était plus petite que tout le monde! Elle vint discrétement et plein d'espoir jeter un oeil de nounou au carreau de la classe. Euréka, elle découvrit son petit Trésor blotti dans un coin, en larmes et tout près d'une première dépression scolaire. La nouvelle fut vite répandue. Je fus plaint et en compensation, je fus invité à jeter ancre à la maison natale et familiale pour tout le reste de l'après-midi. J'avais bien mérité celà.

Thursday, January 05, 2006

une affaire de tétine!

Mon premier compagnon aura été ma tétine. Rien de bien particulier. Sauf que je l'ai eue jusqu'à 8 ans, jusqu'au CE2. Impossible de m'en séparer. Ma mère avait bien feint, un soir, au Domaine de l'avaler. Ca avait marché. Elle était étendue sur le canapé côté sud de la propriété. Le moment était paisible, ma maman aussi. Elle me demanda si elle avait aussi, elle, le droit de de sucer ma tétine? Pourquoi pas. C'était ma maman elle était ma tétine. Sauf qu' en voulant la sucer trop fort.... elle l'avala. Plus de tétine. Inquiet pour ma mère mais rassuré par l'issue de ma tétine j'avais parfaitement digéré l'incident. Plus de tétine pour m'endormir: j'étais devenu grand.
Hélas l'affaire se gâta quelques semaines plus tard.
En jouant sur la bassin où ma mère lavait le linge, je me cassai le bras. Premier diagnostic rassurant par mon parrain le rebouteux Armand Heurtebise: déchirure musculaire, deuxième diagnostic professionnel par le docteur Pierre Georget: fracture. Aie, Aie, Aie, la comédie! Pauvre petit, une seule solution lui redonner sa tétine. Et voilà ma mère retrouva, je ne sais par quelle opération, la tétine avalée quelques jours auparavant et celà repartit de plus belle pour quelques années nouvelles de tétinage enfantile!

Tuesday, January 03, 2006

Alors le 19-12-49. Nous, ils sont à 6 jours de Noël. Au Domaine le Père Noël est passé. Le gamin est né. Sa mère n'est pas en grande forme et le Docteur Lebouc réserve son diagnostic. Le Daniel il est en forme, sa mère moins. Au chevet du petit gars il y a la Yeyette Cosquer une voisine amie, confidente, partenaire aux cartes, ....... et puis il y a la Mimime Renaudeau, la bonne dont l'emploi du temps va être prochainement modifié: une grande partie de la journée elle devra le consacrer au nouveau-né. Du beau et bon boulot. L'ambiance n'est pas ce qu'elle devrait être. Mais le Père où est - il?
Dans le bourg, il est parti déclaré sa progéniture à la mairie. Le père et maire Mayet se fait un plaisir d'inscrire le Hyacinthe, à non le Daniel. Il s'empresse de féliciter les parents et souhaite longue vie au nouveau-né avec empressement et il sait pas que ce sera un de ses futurs remplaçants. Micheline la secrétaire de mairie est contente aussi et l'adjoint Pourriau semble satisfait également. Bien évidemment il faut arroser ça et tout ce petit et grand monde est invité à un Byrrh d'honneur et à un champagne d'honneur chez le Gégéne et la Mère Fautrat à la Boule d'Or. La soirée ne vient que de commencer. elle va s'éterniser, s'arroser, se dévergonder jusq'uau point de danser la farandole sur la Place Albert Liébault dite de la Mairie. D'autres conseillers ont rejoint la bande et le gars Daniel devrait bien pousser tellement il est arrosé. On en fera surement quelque chose de pas mal. Nous sommes depuis longtemps le 20 décembre. La santé à la Maman s'arrange et la Patronne Yvonne par un coup de téléphone d'inquiétude au 40 à Brûlon donne un coup d'arrêt à la java. Il n' y a pas pourtant objet à s'inquiéter: le gars Daniel est en bonne main. Il est fils unique, prêt à affronter la vie et son entourage. Nous en raconterons de bonnes mais demain.

Monday, January 02, 2006

Me voilà bloggeur

Voilà, je viens de créer mon blog comme François Fillon ou Bernard Gueit. Je ne sais pas encore ce que je vais y mettre. Pas forcément de la politique locale ou du Brûlon, peut-être du Brûlon par l'anecdote, on verra. Celà pourrait m'inciter à écrire. Je ne sais pas non plus si on le lira. A bientôt.
Je suis un gars de Brûlon, un vrai né un dimanche matin 18 décembre 1949. Mes parents étaient mariés depuis 18 ans. Alphonse venait de passer 5 ans en Allemagne, je vous en reparlerai si peut-être si ça vous intéresse et Yvonne avait gardé le Domaine. On m'attendait terriblement. Mon père voulait m'appeler Hyacinthe. Ma mère n'y était pas opposée. Heureusement que ma marraine Irène était là. Grâce à elle j'allais m'appeler Daniel, Alphonse, Yves. Je lui dois beaucoup à ma Marraine. C'est elle qui m'a initié à la tétêe: devant les regards étonnés et jaloux de sa fille Rolande, elle s'est solidairement dévêtue pour m'offrir son sein et me proposer une première tétée. C'est elle qui a eu l'idée de m'offrir ma première sortie parisienne, une épopée fatigante pour cause de brodequins neufs et inadaptées. Gràce à Irène et au salon de l'agriculture qui permettait aux enfants de moins de 10 ans de voyager gratuitement, j'ai scruté pour la première fois notre Tour Eiffel et pénétré dans mon premier restaurant urbain chez un dénommé Dupont spécialiste de la salade de fruits. J'aurais dû au retour, dans le train, narrer notre sortie. La fatigue aidant je me suis endormi à la sortie de Montparnasse et réveillé quelques minutes avant d'entrer en gare. Mon "déia"prononcé à l' arrivée est resté gravé à vie dans notre famille. C'est enfin à ma marraine que je dois ma première sortie à la mer. C'était à Pénerf dans le Morbihan et j'ai longtemps pensé que la mer n'existait qu'à Pénerf!
A venir la fête locale du 19-12-1949.