Friday, January 13, 2006

Au collège, plutôt au CEG

Le CEG, Collège d'Enseignement Général se trouvait à Loué. Il était dirigé par Monsieur et Madame Fernand Loriot. Le patron était professeur de français. Pour lui le français semblait se limiter à l'orthographe puisqu'il avait institué en troisième la dictée journalière. L'exercice avait lieu tous les matins à partir de 8 h, les cours commençant à 9h. Ce n'était pas un moment des plus sympas mais pour entrer à l'Ecole Normale la note zéro en dictée était éliminatoire. Nous n'avions pas trop le choix. La Patronne faisait fonction d'intendante, de conseillère d'éducation dans le grand sens du terme. Par exemple tous les samedis midis, quand ils quittaient l'établissement, les 300 élèves passaient devant elle et s'exclamait d'un sonore aurevoir.
Notre prof de maths était le Père Legall et en histoire nous subissions la Fondain. Elle ne paraissait pas inaperçue Mademoiselle, elle fumait la pipe, elle roulait en 2CV décapotable et cette année là, mémorable, son chéri de chez Renault l'avait laissé un mercredi matin. Il l'en avait informé par courrier. La lecture publique avait été émouvante voire plus.
Elle devait être bien placée auprès des instances académiques. Pour preuves: l'année du BEPC, le brevet actuel, le sujet de la composition d'histoire, on appelle ça aujourd'hui des contrôles, avait été trois fois sur trois le même: les lois de 1830. Et bien à l'examen le sujet proposé traitait des lois de 1830. Les 27 élèves de troisième C avaient tous obtenu 18 sur 20 en histoire. Exceptionnel ou intrigant! Toujours est-il que nous avons tous eu notre BEPC. Surtout ne demandez pas aujourd'hui le contenu de ces lois, je sais simplement qu'elles avaient un caracatère social.
C'était en 3ème C. J'avais commencé ma carrière louésienne en 4ème B, niveau moyen devant me diriger vers une 3ème supprême A. Mes compétences brûlonnaises et incomplètes allaient me rédrogader brutalement vers une 3ème C. Je concluais mon séjour dans le canton voisin en 3ème T ce qui voulait dire terminale. Soit j'étais reçu au concours d'entrée à l'école normale et s'en était terminé du collège, soit je ratais le concours et s'en était fini des études.
Je fus reçu 40ème sur 50 et en septembre 1966 j'embrassais ma future carrière d'enseignant en signat un contrat de 15 ans me garantisaant des études gratuites.
C'était le début des petites touches féminines. Pour moi elles avaient nom Maud Fronteau ou Annie Charpentier. L'attirance se traduisait simplement par de furetifs regards au travers d'un couloir ou d'une traversée de classe puisque les cours de récréation n'étaient pas mixtes. Nous étions sévèrement surveillés par les élèves pions nommés Fronteau ou Maisonneuve. Pourtant ils ne montraient pas l'exemple mais ils étaient plus forts que nous et ils avaient le soutien intéressé du Patron et de la Patronne. Chaque soir je prenais le car qui me ramenait en 1h au domaine familial. Isabelle Grosbois nous conduisait à travers la campagne locale et la longueur interminable du circuit nous incitait à inventer toute sorte d'idiotie qui nous faisait passer le temps plus rapidement mais aussi, quelquefois, qui nous permettait de descendre du car avant tout le monde et de rentrer à pied. J'ai toujours été sauvé des représailles directoriales grâce à mon homonyme brûlonnais Claude Coudreuse qui a toujours pris, le pauvre, pour moi. Je m'en excuse aujourd'hui auprès de lui. Ce n'était pas de ma faute si Madame Loriot prenait le petit Daniel Coudreuse, à juste titre sans doute, comme un petit sain incapable, par exemple, de régler avant le départ le rétroviseur de la conductrice du car de façon à scruter ses jambes.

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