Monday, January 09, 2006

Robert, mon Maître

Après la petite école, la grande en 1955. J'étais loin de penser en y entrant, rue Claude Chappe, que je n'en ressortirais que 50 ans après en2005.
1955, c'était l'année du terrible accident aux 24 heures du Mans. Je m'en rappelle comme si j'y étais. Ma Mère et mon Père y assistaient le dimanche après midi. Moi j'étais resté "sagement" avec Nounou Mimime. Nous écoutions Radio Luxembourg, la radio où chaque mercredi nous suivions en famille avec une attention naturelle et silencieuse Quitte ou Double. Il était question par flash des 24 H mais pas de mes parents. Vers 18h ils n'étaient pas rentrés et nous avons appris l'accident. La Mercedès folle de Lévegh venait de causer la mort d'une soixantaine de spectateurs. Mes parents ne rentraient pas et plus le temps passait plus l'inquiétude grandissait surtout pour Joséphine. De drôles d'idées devaient trotter dans sa tête pourtant déjà bien remplie, notamment des Fables de la Fontaine: elle en savait par coeur une centaine, j'ai bien dit une centaine. J'aimais qu'elle me les récite, surtout la moralité....
Quand nous avons entendu l'aronde simca monter la cour du Domaine, nous avons soufflé et oublié un instant l'accident. Mon père nous a ensuite raconté la chance qu'il avait eu en quittant, quelques secondes avant l'explosion, l'endroit maudit. L'électricien brûlonnais Rimbaud, qui était avec lui, n'avait pas eu la même chance. Il fut scalpé et du être trépané. C'était le seul blessé brûlonnais.

C'était le Directeur Mayet qui accueillait les petits à la grande école. Il n'avait pas l'air bien chaleureux le dierlo, tout commme son épouse qui enseignait dans la classe des CE. Elle fumait dur la gauloise tout comme le jeune maître des CP un nommé Robert Leroy. Lui, avait l'air sportif, normal il était le leader du club local de foot, la Patriote. Il avait été travailleur volontaire pendant la guerre en Norvège, on disait même qu'il avait participé brillament à un Norvège-France, de foot bien évidemment. Il était donc international. Et bien c'est lui qui m'apprit à lire, à écrire, à compter et des tas d'autre chose. Il a gravi les échelons de niveau avec moi. Quand je suis passé en CE1 il est passé en CE1, de même pour le CE2 et ainsi de suite jusqu'en 5ème. J'ai bien dit en 5ème puisque un collège avait été créé à Brûlon en 1961. On appelait ça un God, Groupe d'Observation Dirigé. Le God ne sauva ni Queen, ni King mais avait pour principal Leroy. Je fus deuxième du God de Brûlon pendant 2 ans et fut dans les 4 derniers du CEG de Loué pendant 4 ans.... Monsieur Leroy était notre prof polyvalent de maths, physique, sport histoire.... et Madame Auger prof polie et valable de français, anglais, géographie.....
Si on compte bien, j'ai subi Robert Leroy 7 ans. A mon départ pour Loué je n'en voulais plus du Robert, lui non plus ne voulait plus de moi certainement. Pourtant, je ne savais pas qu'il m'avait tant marqué et instruit. Il m'avait appris du savoir mais aussi du savoir-faire et du savoir-être. Il a été mon instituteur, mon directeur, mon professeur, il a été mon maître, mon exemple, il est devenu mon ami et mon conseiller. Je lui dois beaucoup. Je ne l'oublierai jamais. Merci Robert.

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