Mes années 60 à Brûlon
La bande était constituée de 5 ou 6 "citadins" du bourg: le gars Tessier, le fils du coiffeur, les gars Mary de la scierie et le gars Chapelet l'autre coiffeur. Entre les 2 salons il y avait peu de différence sauf que chez Gaston (Chapelet) ça faisait bar en même temps et qu'automatiquement la coupe durait plus longtemps cause service..
Nos loisirs étaient rythmés et encadrés par peu d'activités en fait. Pendant les jours d'école c'étaient les canettes, le jeudi et toutes les vacances c'était la carrière de chez la Mère Chanteau ou le parc de l'Enclos, le dimanche l'orchestre matin et après-midi.
La carrière c'était notre domaine un domaine interdit, naturel et privé. Personne d'autres que la bande à Chapelet , même pas les propriétaires n'avaient le droit d'accès. Nous étions armés, de lance-pierres et s'aventurer dans notre repaire pouvait s'avérer périlleux. Un poste de surveillance , secret bien évidemment, avait même été installé au sommet de la falaise. Outre les missions de surveillance qui nous étaient confiées par le chef Alain, j'étais son adjoint, l'escalade du mur occupait dangereusement nos journées. Une autre activité nous détournait de notre propriété, c'était la pêche dans le bassin du Chateau de l'Enclos. Il fallait d'abord s'assurer que la voie était libre; que ni Eugène Coutard le gardien, ni les propriétaires n'étaient présents, il fallait ensuite attendre la nuit et après avoir enfilé son déguisement et son masque et attrapé sa cane à pêche on pouvait tranquillement goûter au plaisir des riches proptiétaires de chateau et taquiner le carpeau affamé.
L'orchestre! il était composé de 2 musiciens seulement: un accordéoniste, moi-même et un batteur- tambour le Jean-Pierre Tessier. Les répétitions avaient toutes lieu dans une soue du Domaine. La qualité des prestations n'encourageait pas l'écoute et pouvait être source de désagrément pour le voisinage. Le dimanche matin on jouait encore moins fort parce que nous étions en situation très irrégulière surtout le Jean-Pierre qui affirmait à ses parents qu'il était à la messe. Pas bien du tout le Jean-Pierre, surtout pour un fils de commerçant!
Ma mère m'avait pratiquemment obligé à choisir l'accordéon. C'était sans doute l'instrument qu'elle préférait et elle rêvait de faite de moi un futur Verchuren. Elle m'avait inscrit au cours Boussard à Sablé et mon inscription s'était effectuée sous condition: il fallait que je sois capable en 2 semaines de jouer un morceau au mariage de la Claudette. Grace à la patience de ma prof, grâce au sparadra collé sur les boutons adéquats mais, surtout pas, grâce à mes dons pour l'instument j'avais, au dessert, brillament interprété "Qué séré séra", un tube incontournable de l'époque. J' étais bon pour l'accordéon à mon grand regret.

0 Comments:
Post a Comment
<< Home