Saturday, January 21, 2006

Les 14 juillet des années 60

La fête nationale était traditionnelle et marquait le début des grandes vacances. Depuis un mois environ ma mère avait changé ma garde-pantalon et les culottes longues étaient rentrées sagement dans un placard accompagné d'une boule de naphtaline, ce pour 4 mois. Enfin les shorts étaient ressortis, naphtalinés eux aussi après un séjour record de 8 mois dans le même placard: c'était synonyme de vacances.
Le grand rendez-vous festif et attendu du 14 juillet était fixé place de la Mairie, face au bar Guittet, actuel bar de Sports. Après une marche claironnée de la musique municipale un premier jeu était organisé par le Directeur de l'Ecole publique sous la tutelle bienveillante et financière du Maire accompagné de courageux conseillers dont faisait partie mon père et le père Lulé. Le Père Lulé était l'ami de mes parents. C'était le seul que je connaissais à avoir fait la guerre de 14-18. Il en était revenu, non poilu à mon grand étonnement et avec un oeil à moitié fermé (ou à moitié ouvert comme vous préférez). J'avais bien tenté d'évoquer Verdun et les tranchées avec lui mais à chaque fois, à mon grand désarroi, il n'avait pas voulu aborder ces tristes souvenirs. Il n'avait sans doute pas envie d'en parler? Seul son clin d'oeil continuel évoquait ce triste souvenir guerrier. Sa femme Emilienne était ma grande fournisseuse en chocolat. Si aujourd'hui je ne peux plus en manger, c'est , sans doute, en partie grâce à elle!
Elle était aussi la fournisseuse en cidre de tous les garçons le dernier jour d'école à la Fosse, cidre dont elle abreuvait aussi le mécanicien du train qui chaque semaine, arrêtait son train devant la ferme pour raison de problème technique imaginaire et d'une soif soudaine réelle.
Revenons au 14 juillet. La course en sac permettait aux plus sportifs d'empocher leurs premiers francs ou centimes de l'après-midi. Le deuxième jeu avait lieu rue du Cimetière face au café Naveau. Les jeux étaient organisés là où il y avait un bistrot. La boisson consommée à chaque étape, par les adultes, était le muscadet. Le troisième jeu était une course en relais tristounette mais enjouée puis suivait place de l'Eglise un course aux oeufs, place de la Mairie une course hilarante, seulement pour le public, promenait une grenouille dans une brouette puis place de la Motte, face au café Chapelet, une course de vitesse éreintait les participants enfin place des Anciennes Halles face au café Joly ou face au restaurant du Grand Cerf le traditionnel casse-pots concluait la follle journée. Les yeux bandés et armé d'une "gaule"à pommiers, il s'agissait de casser un pot de fleurs dans lequel se trouvait un lapin estourbi ou un pigeon volant qui, les trois-quarts du temps, prenait le chemin des airs et devenait un grand voyageur..... Pour les organisateurs, les musiciens du grand chef Dubert (2.05m) et les suiveurs, la journée était fatigante et enivrante. Comptez vous-mêmes, 7 jeux, 8 muscadets ou plus, bonjour les dégats.... Mais c'était jour de fête nationale, jour d'amnistie présidentielle et d'amnistie familiale. Les papas étaient gais, les mamans patientent et les quéniaux avaient passé une journée mémorable. Quoi demander de mieux?

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