Friday, March 31, 2006

L'école normale des garçons

Quelle page d' histoire: elle a duré 6 ans, un record sans doute puisqu'en 1966, elle démarrait pour 4 ans seulement, mais.......
Elève de 3ème terminale au CEG de Loué c'est tout naturellement que je me suis présenté au concours de l'Ecole Normale du Mans. Celà aurait pu avoir lieu à Caen ou à Alençon, il parait que c'était plus facile. En cas d' échec au Mans la première fois, une tentative aurait pû être renouvelée en Normandie mais il aurait fallu y faire carrrière.
Au Mans, nous étions un peu plus d'une centaine de candidats. Il n'y aurait que cinquante "élus". Deux brûlonnais concouraient, le gars Bébert et le gars Daniel. Ce n'était pas gagné d'avance car les résultats louésiens n'étaient pas les meilleurs malgré les efforts soutenus du patron, le père Loriot.
Français, maths, anglais, histoire, géographie, musique, arts, sports étaient à l'ordre du jour. Celà durait 2 journées! long , long! pour un 2ème examen après le brevet l'année précédente. Michel Gaignard sortait premier: cette première allait lui apporter quelques avantages en première année comme une exemption totale de services. Il allait faire toute sa carrière à Poilllé. Bébert, un des favoris sortait premier brûlonnais et 20 ème candidat: élu. Son Papa, le Père Louis devait annoncer avec préméditation et sur un ton des plus solennels que son fils n'était sans doute pas fait pour l'enseignement mais qu'il décidait de s'orienter vers le technique: ce choix devait s' avérér le bon au fil des années. Et le deuxième brûlonnais..... 40 ème et oui, 12 places avant la cinquante et deuxième position en principe fatale, la cinquante et unième étant libérée par la sortie du Bébert. Quarantième ça veut dire élu oui élu. Toute ma jeune vie j'avais martelé que je voulais être instituteur, et bien c'était bien partie et une énorme marche venait d'être franchie avec succès. Je n'avais plus que deux mois pour préparer ma première nuit d'internat 2 rue des Maillets au Mans, première nuit synonyme de"4" années d'études enseignantes.... Ma carrière démarrait début septembre 1966et ce jusqu'en 2005!
A suivre......

Tuesday, February 14, 2006

Au Moulin de Chevillé

Dans les années 60 notre terrain de jeux estival se situait en bord de Vègre en amont du Moulin du Pont. Nous alternions pêche, radeau et baignade. Nous étions cinq ou six à nous retrouver tous les après-midis. C'est là que j'ai appris à nager. La Vègre à cet endroit mesure 3 mètres de large sur 3 mètres de profondeur. Après avoir bien regardé les mouvements des copains, après avoir essayé sur une chaise à la maison de flotter sur l'air j'ai traversé sous escorte la rivière avec succès. Je savais nager ou plutôt je croyais savoir nager. Ma mère a quand même voulu fortifier cet apprentissage et m'a offert une vingtaine d'heures de cours à la piscine Royer de Sablé sous les ordres du Maitre Nageur Henri Bonnet.
Une fois devenu un nageur expérimenté l'activité radeau a pu être pratiqué à la lumière. Nous avons alors jumelé les trois activités. Juchés sur notre embarcation de fortune nous avons pratiqué la pêche interdite à la traîne et plongé là où l'on voulait, quelquefois même pour narguer un vieux grognon pêcheur du bourg. Nous étions devenus les rois du cours d'eau et souvent nous sommes partis à la journée, pratiqué le pique-nique aquatique composé essentiellement des produits de la Vègre.

Saturday, February 11, 2006

Au Mont-Dore

Le Mont Dore! Quatre années de suite j'ai passé 21 jours, j'ai bien dit 21 jours, pas un de plus, pas un de moins dans une location de vacances d'abord, le Mont Joly, puis à l'hôtel de France au Mont-Dore avec ma mère et sans mon père. Mon père avait juste pour mission de nous amener et puis 21 jours plus tard de venir nous chercher. La première fois c'était en 1957. Mon père avait emprunté la traction 15 de l'oncle Octave. En échange, et avec un plaisir énorme pour moi, nous avions amené le cousin Michel, celui qui est devenu député maire après une carrière exemplaire de vétérinaire. Il était plus grand que moi et il était quelque part mon exemple. L'air de l'Auvergne semblait bien lui avoir convenu. Après une seconde plutot cata en maths il avait eu la volonté de refaire tout le programme tout seul pendant ces instants très longs de cures; cela lui avait permis de repiquer une seconde beaucoup plus sérieuse et de se préparer sans doute l'avenir que l'on lui connaît!
Pour moi l'air était aussi essentiel: nous étions là-bas, ma mère et moi pour guérir un asthme héréditaire. Tous les matins nous revêtions notre uniforme de curistes qui ressemblait à une aube de moine et pendant plus d'une heure nous enchaînions bains, douches, massages et inhalations aux magnifiques thermes romains du Mont-Dore. Nombreux étaient les touristes à nous observer telles des bêtes de zoo. Moi, ça me plaisait bien et j'étais même fier d'être malade.
Après une sieste obligatoire et réparatrice les activités étaient variées et innovantes. C'est dans la Dordogne, un torrent au Mont-Dore, un fleuve en arrivant à Bordeaux que j'ai pris ma première et sans doute dernière truite. C'est au Capucin, un mont que nous atteignions grâce au funiculaire, que j'ai pour la première fois pratiqué les patins à roulettes, c'est dans les sentiers pédestres autour du Mont-Dore que j'ai assisté avec ma mère à une consultation de sorcière: je ne me rappelle absolument pas ce qu'elle avait prédit. C'est dans le parc du Mont- Dore que j'ai pratiqué pour la première fois avec succès le diabolo très à la mode à cette époque, c'est à l'hôtel Excelsior que pour la première fois j'ai joué au flipper. C'est aussi au Mont-Dore que j'ai entendu parlé pour la première fois d'un casino qui par ailleurs avait complétement brûlé pendant qu'on y était. C'est au Puy de Sancy que pour la première fois je suis monté avec peur dans un téléphérique. C'est enfin aussi au Mont-Dore que pour la première fois 25 ans plus tard j'ai fait mes premières glissades à ski.
Je pense qu'un jour j'y retournerai en pélerinage, pêcher, jouer au flipper et au diabolo, jouer au Casino, j'aime ça, faire du ski en empruntant le téléphérique. J'y rencontrerai peut-être avec toujours autant de plaisir mon cousin Michel, il n'y aura pas de traction 15, il n'y aura pas de cure, il n'y aura pas de sorcières mais il y aura certainement beaucoup de nostalgie et de tristesse. C'étaient mes premières vacances avec Maman Yvonne sous la conduite avertie et hésitante surtout sur les routes montagneuses de Papa Alphonse.

Monday, January 23, 2006

Le Comice: un monument!

Le quatrième week-end de septembre depuis plus de 150 ans Brûlon rime avec Comice. Grands et Petits, Elus et Citoyens, Agriculteurs et Villageois comicent pendant 2 jours. Comicer veut dire visiter, s'amuser, danser, recevoir, manéger, tirer à la carabine, dépenser, pétarader, musiquer, communiquer, et tout et tout.
Pour moi, jeune enfant brûlonnais j'ai connu le comice très tôt. Je devais avoir trois ou quatre ans. Bien évidemment, mon premier foyer d'intérêt fut les manèges. Je ne me rappelle pas du manège enfantin mais celui qui très tôt m'a énormément intéressé fut l'escargot. C'était, en quelque sorte, l'ancêtre de la chenille. Il était tenu par Madame Hyvon qui, aujourd'hui encore, accompagne sa fille à chaque comice. Dès le lundi précédent l'événement, nous guettions l'arrivée des caravanes. L' annonce de leur présence faisait le tour du centre-bourg à la vitesse grand V et tous les gamins transitaient vers la place de la Mairie. A cette époque le monument aux morts et ses quatre obus était indéplaçable et il fallait installer les manèges autour. L'installation de l'escargot nous occupait tout le jeudi de congé. Le beau-frère Barrier installait parallélement ses bateaux réservés aux plus grands, le nain Cui-Cui construisait avec l'aide de sa Mère naine et de son Père pas bien plus grand sa cabane de tir à la carabine et la famille Merchier, père, mère, fille et gendre montaient les autos skooters. Certains littéraires appellent ça des autos tamponneuses. A cette époque nous parlions déjà le franglais de Brûlon. Pendant 2 jours les porte-monnaie parentaux s'ouvraient grand afin de profiter au maximum de l'escargot magique de passage. En fin d'après-midi, le dimanche, l'annonce du dernier tour de la journée, du comice et de l'année me rendait d'une tristesse extrême qui se transformait bien souvent en pleurnichage. J'étais, paraît-il, très doué pour ça et je me rappelle très bien que, pour moi, banner était une arme incontournable pour obtenir ce que je voulais.
Plus tard je suis devenu un inconditionnel des autos skooters. Je jalousais, comme tous mes copains, le gars Jeannot Duval. Il était parisien, on ne le voyait qu'au comice et pendant deux jours il tournait sans arrêt. Il avait un filon, le parisien: son grand-père Pourriau habitant sur la place fournissait l'électricité aux caravanes et de plus il était adjoint au Maire. Alors le Jeannot il avait un passe permanent. Moi je n'étais pas parisien, j'habitais à 500 m du manège et mon père n'était que conseiller municipal. Il me fallait passer par la caisse départ en amenuisant ma maigre caisse d'épargne. Un lundi soir, pour la soirée des commerçants et des élus, la Lucienne Paris, la droguiste de la rue Charles Bareau amie de mes parents m'avait donné 5 francs, même pas un euro. Je m'étais précipité place de la Mairie. La patronne du manège m'avait remis en échange 20 jetons: je me suis toujours demandé si la caissière ne s'était pas trompée ou si alors elle m'avait reconnu comme un bon client. J avais pu ainsi tourner la soirée entière. Dommage le gars Duval il était reparti à Paris.
Un dimanche soir, alcool aidant, un platrier local avait réussi, avec l'aide de ses frères, à grimper sa 4 CV Renault sur la piste désertée immédiatement par les apprentis conducteurs. Malgré les injonctions de la patronne il avait continué à tourner sans honte ni tamponnage. Je ne sais pas trop comment ça s'est terminé, peut-être au poste de gendarmerie rue du Pavé.
Si le comice était fertile au commerce, aux loisirs et à la dépense il était source d'anecdotes et je pourrais en raconter nombreuses autres. Je les garde pour plus tard...

Saturday, January 21, 2006

Les 14 juillet des années 60

La fête nationale était traditionnelle et marquait le début des grandes vacances. Depuis un mois environ ma mère avait changé ma garde-pantalon et les culottes longues étaient rentrées sagement dans un placard accompagné d'une boule de naphtaline, ce pour 4 mois. Enfin les shorts étaient ressortis, naphtalinés eux aussi après un séjour record de 8 mois dans le même placard: c'était synonyme de vacances.
Le grand rendez-vous festif et attendu du 14 juillet était fixé place de la Mairie, face au bar Guittet, actuel bar de Sports. Après une marche claironnée de la musique municipale un premier jeu était organisé par le Directeur de l'Ecole publique sous la tutelle bienveillante et financière du Maire accompagné de courageux conseillers dont faisait partie mon père et le père Lulé. Le Père Lulé était l'ami de mes parents. C'était le seul que je connaissais à avoir fait la guerre de 14-18. Il en était revenu, non poilu à mon grand étonnement et avec un oeil à moitié fermé (ou à moitié ouvert comme vous préférez). J'avais bien tenté d'évoquer Verdun et les tranchées avec lui mais à chaque fois, à mon grand désarroi, il n'avait pas voulu aborder ces tristes souvenirs. Il n'avait sans doute pas envie d'en parler? Seul son clin d'oeil continuel évoquait ce triste souvenir guerrier. Sa femme Emilienne était ma grande fournisseuse en chocolat. Si aujourd'hui je ne peux plus en manger, c'est , sans doute, en partie grâce à elle!
Elle était aussi la fournisseuse en cidre de tous les garçons le dernier jour d'école à la Fosse, cidre dont elle abreuvait aussi le mécanicien du train qui chaque semaine, arrêtait son train devant la ferme pour raison de problème technique imaginaire et d'une soif soudaine réelle.
Revenons au 14 juillet. La course en sac permettait aux plus sportifs d'empocher leurs premiers francs ou centimes de l'après-midi. Le deuxième jeu avait lieu rue du Cimetière face au café Naveau. Les jeux étaient organisés là où il y avait un bistrot. La boisson consommée à chaque étape, par les adultes, était le muscadet. Le troisième jeu était une course en relais tristounette mais enjouée puis suivait place de l'Eglise un course aux oeufs, place de la Mairie une course hilarante, seulement pour le public, promenait une grenouille dans une brouette puis place de la Motte, face au café Chapelet, une course de vitesse éreintait les participants enfin place des Anciennes Halles face au café Joly ou face au restaurant du Grand Cerf le traditionnel casse-pots concluait la follle journée. Les yeux bandés et armé d'une "gaule"à pommiers, il s'agissait de casser un pot de fleurs dans lequel se trouvait un lapin estourbi ou un pigeon volant qui, les trois-quarts du temps, prenait le chemin des airs et devenait un grand voyageur..... Pour les organisateurs, les musiciens du grand chef Dubert (2.05m) et les suiveurs, la journée était fatigante et enivrante. Comptez vous-mêmes, 7 jeux, 8 muscadets ou plus, bonjour les dégats.... Mais c'était jour de fête nationale, jour d'amnistie présidentielle et d'amnistie familiale. Les papas étaient gais, les mamans patientent et les quéniaux avaient passé une journée mémorable. Quoi demander de mieux?

Wednesday, January 18, 2006

Mes années 60 à Brûlon

La bande était constituée de 5 ou 6 "citadins" du bourg: le gars Tessier, le fils du coiffeur, les gars Mary de la scierie et le gars Chapelet l'autre coiffeur. Entre les 2 salons il y avait peu de différence sauf que chez Gaston (Chapelet) ça faisait bar en même temps et qu'automatiquement la coupe durait plus longtemps cause service..
Nos loisirs étaient rythmés et encadrés par peu d'activités en fait. Pendant les jours d'école c'étaient les canettes, le jeudi et toutes les vacances c'était la carrière de chez la Mère Chanteau ou le parc de l'Enclos, le dimanche l'orchestre matin et après-midi.
La carrière c'était notre domaine un domaine interdit, naturel et privé. Personne d'autres que la bande à Chapelet , même pas les propriétaires n'avaient le droit d'accès. Nous étions armés, de lance-pierres et s'aventurer dans notre repaire pouvait s'avérer périlleux. Un poste de surveillance , secret bien évidemment, avait même été installé au sommet de la falaise. Outre les missions de surveillance qui nous étaient confiées par le chef Alain, j'étais son adjoint, l'escalade du mur occupait dangereusement nos journées. Une autre activité nous détournait de notre propriété, c'était la pêche dans le bassin du Chateau de l'Enclos. Il fallait d'abord s'assurer que la voie était libre; que ni Eugène Coutard le gardien, ni les propriétaires n'étaient présents, il fallait ensuite attendre la nuit et après avoir enfilé son déguisement et son masque et attrapé sa cane à pêche on pouvait tranquillement goûter au plaisir des riches proptiétaires de chateau et taquiner le carpeau affamé.
L'orchestre! il était composé de 2 musiciens seulement: un accordéoniste, moi-même et un batteur- tambour le Jean-Pierre Tessier. Les répétitions avaient toutes lieu dans une soue du Domaine. La qualité des prestations n'encourageait pas l'écoute et pouvait être source de désagrément pour le voisinage. Le dimanche matin on jouait encore moins fort parce que nous étions en situation très irrégulière surtout le Jean-Pierre qui affirmait à ses parents qu'il était à la messe. Pas bien du tout le Jean-Pierre, surtout pour un fils de commerçant!
Ma mère m'avait pratiquemment obligé à choisir l'accordéon. C'était sans doute l'instrument qu'elle préférait et elle rêvait de faite de moi un futur Verchuren. Elle m'avait inscrit au cours Boussard à Sablé et mon inscription s'était effectuée sous condition: il fallait que je sois capable en 2 semaines de jouer un morceau au mariage de la Claudette. Grace à la patience de ma prof, grâce au sparadra collé sur les boutons adéquats mais, surtout pas, grâce à mes dons pour l'instument j'avais, au dessert, brillament interprété "Qué séré séra", un tube incontournable de l'époque. J' étais bon pour l'accordéon à mon grand regret.

Friday, January 13, 2006

Au collège, plutôt au CEG

Le CEG, Collège d'Enseignement Général se trouvait à Loué. Il était dirigé par Monsieur et Madame Fernand Loriot. Le patron était professeur de français. Pour lui le français semblait se limiter à l'orthographe puisqu'il avait institué en troisième la dictée journalière. L'exercice avait lieu tous les matins à partir de 8 h, les cours commençant à 9h. Ce n'était pas un moment des plus sympas mais pour entrer à l'Ecole Normale la note zéro en dictée était éliminatoire. Nous n'avions pas trop le choix. La Patronne faisait fonction d'intendante, de conseillère d'éducation dans le grand sens du terme. Par exemple tous les samedis midis, quand ils quittaient l'établissement, les 300 élèves passaient devant elle et s'exclamait d'un sonore aurevoir.
Notre prof de maths était le Père Legall et en histoire nous subissions la Fondain. Elle ne paraissait pas inaperçue Mademoiselle, elle fumait la pipe, elle roulait en 2CV décapotable et cette année là, mémorable, son chéri de chez Renault l'avait laissé un mercredi matin. Il l'en avait informé par courrier. La lecture publique avait été émouvante voire plus.
Elle devait être bien placée auprès des instances académiques. Pour preuves: l'année du BEPC, le brevet actuel, le sujet de la composition d'histoire, on appelle ça aujourd'hui des contrôles, avait été trois fois sur trois le même: les lois de 1830. Et bien à l'examen le sujet proposé traitait des lois de 1830. Les 27 élèves de troisième C avaient tous obtenu 18 sur 20 en histoire. Exceptionnel ou intrigant! Toujours est-il que nous avons tous eu notre BEPC. Surtout ne demandez pas aujourd'hui le contenu de ces lois, je sais simplement qu'elles avaient un caracatère social.
C'était en 3ème C. J'avais commencé ma carrière louésienne en 4ème B, niveau moyen devant me diriger vers une 3ème supprême A. Mes compétences brûlonnaises et incomplètes allaient me rédrogader brutalement vers une 3ème C. Je concluais mon séjour dans le canton voisin en 3ème T ce qui voulait dire terminale. Soit j'étais reçu au concours d'entrée à l'école normale et s'en était terminé du collège, soit je ratais le concours et s'en était fini des études.
Je fus reçu 40ème sur 50 et en septembre 1966 j'embrassais ma future carrière d'enseignant en signat un contrat de 15 ans me garantisaant des études gratuites.
C'était le début des petites touches féminines. Pour moi elles avaient nom Maud Fronteau ou Annie Charpentier. L'attirance se traduisait simplement par de furetifs regards au travers d'un couloir ou d'une traversée de classe puisque les cours de récréation n'étaient pas mixtes. Nous étions sévèrement surveillés par les élèves pions nommés Fronteau ou Maisonneuve. Pourtant ils ne montraient pas l'exemple mais ils étaient plus forts que nous et ils avaient le soutien intéressé du Patron et de la Patronne. Chaque soir je prenais le car qui me ramenait en 1h au domaine familial. Isabelle Grosbois nous conduisait à travers la campagne locale et la longueur interminable du circuit nous incitait à inventer toute sorte d'idiotie qui nous faisait passer le temps plus rapidement mais aussi, quelquefois, qui nous permettait de descendre du car avant tout le monde et de rentrer à pied. J'ai toujours été sauvé des représailles directoriales grâce à mon homonyme brûlonnais Claude Coudreuse qui a toujours pris, le pauvre, pour moi. Je m'en excuse aujourd'hui auprès de lui. Ce n'était pas de ma faute si Madame Loriot prenait le petit Daniel Coudreuse, à juste titre sans doute, comme un petit sain incapable, par exemple, de régler avant le départ le rétroviseur de la conductrice du car de façon à scruter ses jambes.